Croissance économique : Le CMC livre ses pronostics et ses doutes

L’économie marocaine afficherait en 2019 un taux de croissance du PIB avoisinant les 3,8% et verrait tous ses indicateurs et agrégats arpenter une trajectoire ascendante. C’est ce qui ressort de la dernière analyse du Centre Marocain de Conjoncture (CMC) servie à l’occasion de la sortie du bulletin spécial N°48 intitulé: « Quel profil de croissance en 2019...
Source : Perspectives med
Posté Le : Vendredi 27 juillet 2018

Le scénario prospectif de l’économie nationale pour l’année 2019 table sur des perspectives de croissance qui prolongeraient les orientations particulièrement favorables de 2017 et 2018 en tirant grand bien d’un environnement international propice.

Pour les analystes du centre, la mise en place progressive au cours des dernières années d’une série de mesures visant la consolidation des comptes de l’État a fortement contribué à infléchir le processus de dégradation continue du budget et son déficit. D’après le CMC, ces résultats n’ont pas permis à la politique budgétaire de jouer son rôle plein dans la relance de l’activité en raison que l’effet multiplicateur de la programmation budgétaire pour l’exercice en cours demeure insignifiant eu égard aux besoins de relance de l’activité et au déficit d’emploi. S’agissant des échanges extérieurs, il ressort de l’étude réalisée par le CMC que la situation des comptes extérieurs au terme de l’exercice 2017 s’est inscrite sous le signe du redressement. Le différentiel de près de trois points en pourcentage de la hausse des exportations comparativement à celle des importations a induit une amélioration du taux de couverture de près d’un point et demi.

Cette évolution positive, qui résulte pour une large part des fortes performances des phosphates et des produits dérivés ainsi que l’évolution du chiffre d’affaires à l’export des secteurs de l’automobile, de l’aéronautique et l’électronique, a été renforcée par une progression assez soutenue des flux financiers correspondant aux activités de tourisme et aux transferts des MRE.

Pour ce qui est de l’entrepreneuriat au Maroc, les conjoncturistes du Centre  ont relevé que malgré les efforts fournis ces dernières années pour l’encouragement de l’entrepreneuriat et l’amélioration du climat des affaires, l’entreprise marocaine rencontre plusieurs contraintes qui affectent sa compétitivité et freinent son développement et sa pérennité. Ils ont, à cet égard, expliqué qu’il s’agit de la persistance des difficultés d’accès au financement, l’insuffisance de la capacité d’innovation et de financement de la recherche, l’accroissement important des délais de paiement sur les marchés publics, la concurrence de l’informel, le coût des facteurs de production et la pression fiscale.

Concernant le climat des affaires, et selon la même source, conscient du rôle primordial que joue l’investissement privé national et international dans la mouvance économique, le Maroc ne cesse de déployer des efforts visant à améliorer l’environnement des affaires. Des attentions à large spectre sont déployées pour couvrir tant l’encouragement de la libre initiative que le renforcement des infrastructures d’accueil ou plus généralement l’amélioration des mécanismes de soutien et d’encadrement de l’investissement.

Sur le volet de la croissance économique, le CMC assure que l’économie nationale, impulsée par une reprise notable et généralisée de l’économie planétaire, enregistrerait selon toute probabilité, au terme de l’exercice en cours, un taux de croissance de l’ordre de 3,3%. Cette bonne orientation des tendances économiques, aussi bien internationales que nationales, devrait braver les tensions que connaissent certains foyers géopolitiques et qui pourraient s’enflammer à tout moment, comme elle risquerait d’être contrariée par la forte évolution de la dette qui caractérise aujourd’hui les économies de nombreux pays développés, affirment les  auteurs du rapport. Ces derniers plaident pour une appréciation de l’économie nationale et de certaines de ses composantes, selon une échelle décroissance à trois valeurs, à savoir A, B et C. L’objectif est d’aider les décideurs à une meilleure lecture de l’évolution de l’économie nationale pour une meilleure prise de décision.