Modèle d’exportation : La recette du CMC

Le CMC consacre son rapport annuel au «modèle d’exportation à l’horizon 2025». De fait, il s’agit des actes de la journée dédiée à la thématique.
Source : L’Économiste
Posté Le : Jeudi 11 juillet 2019

Sans préciser les contours du futur modèle, le CMC explore toutefois des pistes de diversification de marchés. De nouveaux marchés passent d’abord par la transformation structurelle de l’offre avec plus de contenu technologique et de valeur ajoutée.      

«Le modèle de croissance centré principalement sur la demande intérieure a montré ses limites», constate le CMC. L’épuisement du potentiel économique que présente un marché intérieur à la fois étroit et limité par le pouvoir d’achat devrait inciter à une révision des options stratégiques présidant au modèle de croissance dans sa globalité. Le choix d’un modèle orienté vers l’export s’impose aujourd’hui comme l’alternative la plus adaptée au nouveau contexte d’ouverture et de globalisation. Les projections des tendances actuelles ainsi que l’analyse espace-produits font ressortir de réelles opportunités de développement des exportations. Voilà pour les constats qui plaident pour un nouveau modèle d'exportation.

Pour ce qui est des modalités, le CMC met en avant la transformation structurelle de l’offre exportable. Ce processus évolue très lentement, relève-t-il.  Or, l’expérience vécue tant au niveau des économies développées que chez les pays émergents montre que le succès enregistré en matière de croissance, d’emploi et de niveau de vie s’est accompagné de profondes transformations structurelles.

Au Maroc, le rythme de croissance relativement modeste sur les deux dernières décennies n’a pas induit de changements profonds dans les structures productives. Le système productif reste dominé par les secteurs traditionnels malgré l’émergence de nouvelles activités industrielles, notamment l’automobile et l’aéronautique. Aussi les politiques publiques devraient-elles opérer un virage en s’orientant davantage vers plus de diversification des produits et des marchés. «Et l’Afrique-Asie constituent les deux débouchés à fort potentiel», estime le CMC. Car, aux déséquilibres persistants des échanges commerciaux du Maroc s’ajoutent une forte concentration des transactions sur le continent européen. Ce marché concentre plus 67% du commerce extérieur du Royaume. Cette concentration est encore plus marquée s’agissant des flux d’exportation dont l’Europe absorbe plus de 71% du chiffre d’affaires. Cette situation qui tend vers la saturation pousse à rechercher de nouveaux débouchés pour impulser une nouvelle dynamique au secteur exportateur marocain et tirer le meilleur parti des potentialités que recèlent les marchés émergents, en Afrique et en Asie. La stratégie de pénétration adoptée à l’égard des marchés africains s’impose dans ces conditions comme principal axe de diversification des marchés.

En ce qui concerne le marché asiatique, une approche assise sur la dynamique de l’investissement est à envisager dans deux directions. La première est le renforcement de l’attractivité des investissements en provenance d’Asie dans les secteurs d’activité orientés à l’export. La deuxième est celle de l’investissement direct dans les pays africains afin de consolider les marchés ciblés pour l’export.