Modèle de développement: Les opérateurs économiques se confient au CMC

Le Centre marocain de conjoncture (CMC) vient de publier les résultats d’une enquête réalisée durant le premier trimestre de 2018 sur le modèle de de développement du Royaume auprès des opérateurs économiques.
Source : Perspectives Med
Posté Le : Jeudi 28 juin 2018

Ces derniers sont quasi-unanimes (97,5%) à penser que le modèle de développement actuel a atteint ses limites et qu’il doit nécessairement évoluer pour plus d’efficacité. Cette quasi-unanimité des industriels à souligner l’essoufflement du modèle de développement actuel et la nécessité de procéder à sa transformation en profondeur s’explique par la persistance des inégalités sociales et territoriale, la faiblesse de la capacité de création d’emploi et l’aggravation du chômage, précise le CMC dans une note sur cette enquête. Elle est due également à l’essoufflement de la croissance, à la déficience du système de gouvernance, à la faible diversification productive, à l’insuffisance de la compétitivité, à la faiblesse du secteur exportateur, à la faible convergence vers les pays émergents, à la faiblesse des rendements des investissements et à la détérioration des équilibres financiers. Le CMC fait savoir à ce propos que dans le cas d’une éventuelle révision du modèle de développement de l’économie nationale, 85,7% des industriels sondés pensent que la nouvelle stratégie doit combiner le développement du marché intérieur et l’intégration des marchés internationaux, tandis que 28,6% proposent une stratégie de compétitivité, d’ouverture, d’intégration des marchés internationaux et d’exportation et 11,9% n’écartent pas une stratégie axée principalement sur le développement du marché intérieur. La réussite d’une telle stratégie doit, selon les patrons marocains, s’appuyer en priorité sur le développement régional et la réduction des inégalités pour 75% d’entre eux. L’amélioration des performances économiques et la convergence vers les standards des pays émergents viennent en second lieu. C’est ce que confirment, respectivement, environ 59,5% et 54,8% des sondés. Ainsi, l’éducation, la formation, le renforcement des compétences et le développement du capital humain viennent en tête des leviers sur lesquels il faudrait agir pour relever ce défi selon 18% des chefs d’entreprises, suivis par l’accélération des réformes visant notamment l’amélioration du climat des affaires, des performances de l’administration, du système fiscal, du système judiciaire et la décentralisation (16%) et l’amélioration du système de gouvernance (14%). Il s’agit aussi du développement des infrastructures de base (11%), de la promotion des activités de recherche & développement dans les secteurs public et privé (11%), de l’intensification de l’investissement et du processus d’accumulation du capital physique (9%), de l’amélioration de la compétitivité et intégration plus poussée des marchés internationaux à travers les flux de biens, services et capitaux (9%) et de la facilitation des moyens de financement de l’entreprise (8%). Pour ce qui est du Rôle de l’Etat, le CMC a indiqué que 66,7% des responsables d’entreprises pensent qu’il devrait être celui de facilitateur, de régulateur, de partenaire et d’accompagnateur des initiatives privées. Un Etat intervenant par le truchement du secteur public dans l’économie (Etat développeur) n’est apprécié que par 23,8% des personnes sondées alors qu’un Etat fixant les choix stratégiques à long terme et les conditions de leur réalisation (Etat stratège) est souhaité par 50% des opérateurs. Dans cette perspective, les opérateurs du secteur privé se disent prêt à participer à une dynamique qu’impose la nécessaire évolution du modèle de développement de l’économie marocaine. Selon les résultats de l’enquête, les options stratégiques privilégiées par les industriels sont successivement le développement de l’économie sociale et solidaire, le développement de l’économie numérique et le développement de l’économie verte. Les secteurs à dynamiser davantage dans le nouveau modèle de développement sont en priorité le secteur industriel et les activités de service, suivis de l’agriculture, de l’énergie et du secteur touristique.